Nadal: "Cela ne va pas durer"
Humilié par Tsonga, "Rafa" a dû faire le voyage vers l'Espagne en classe économique. Plus de place en business ! Le tennis d'aujourd'hui est cruel. C'est la finale ou rien ;)
Rafael Nadal était blessé face à Jo-Wilfried Tsonga, mais ce n'est pas le pied qui a fait souffrir le Majorquin, c'est son orgueil. Interrogé, il a répondu par un mélange de désarroi, d'incrédulité et d'orgueil blessé : "Tsonga a été injouable, mais il ne peut pas durer comme ça toute l'année."
Quand on s'endort Minotaure et que l'on se réveille petit garçon, les cauchemars sont plus douloureux. Rafael Nadal a ouvert les yeux en conférence de presse, jeudi, et a compris que l'histoire de l'Ogre Tsonga était vraie: "Il a joué un match incroyable. Il n'a pas manqué un revers. Il a tapé énormément de coups droits gagnants. Je le félicite, c'est tout. La vérité c'est que je n'ai eu aucune chance."
Nadal n'aime pas trop s'attarder sur l'interprétation des matches, mais celui-ci était si particulier, si étranger à son vocabulaire de joueur, qu'il en est devenu prolixe. Une véritable "analyse psy": "Quand un gars joue à ce niveau, c'est très difficile de l'arrêter. Federer peut jouer à ce niveau, même peut-être un peu plus haut, mais faire ce qu'il a fait ce soir c'est très difficile. Certaines de ses volées étaient incroyables, j'ai fait de bons passings mais il a réussi des volées amorties que je n'ai pas comprises. J'ai tout essayé, de jouer plus vite, de jouer plus à l'intérieur du court, mais ça n'a servi à rien. Je jouais bien, mais pas assez pour battre Tsonga ce soir."
Triple vainqueur de Roland-Garros, double finaliste à Wimbledon, aucune demi-finale en Grand Chelem perdue (cinq) avant ce jeudi, numéro 2 mondial depuis trois ans, tout cela n'est pourtant pas un rêve. On n'est pas une légende vivante du circuit et un joueur anodin le lendemain. Dans un sursaut, Nadal se souvient de son palmarès et de son statut et regarde encore son adversaire dans les yeux, à travers son audience :
"S'il joue comme aujourd'hui il aura sa chance, mais il va peut-être ressentir la pression de sa première finale. Jouer une finale, c'est complètement différent. Il est dans le meilleur moment de sa carrière, il n'a aucune pression, tout lui réussit. Je pense que ce n'est peut-être pas son vrai niveau. Jouer comme ça toutes les semaines, c'est impossible. Il faut savoir perdre avec humilité. "