LA PASSATION DE POUVOIR
D'abord, il y a eu ce 18 août 2008. Après 237 semaines de règne sans partage, le roi Federer a cédé son trône à Rafael Nadal, exceptionnel cette saison. Dauphin du Suisse depuis 2005, la récompense est venue comme un symbole, juste après sa médaille d'or olympique à Pékin. Catalogué comme joueur de terre battue après sa domination sur la surface notamment marquée par trois titres consécutifs à Roland-Garros (2005, 2006 et 2007) le Majorquin de 22 ans a certes confirmé, mais a pris une nouvelle dimension : celle d'extra-terrien. Vainqueur des tournois de Barcelone, Monte-Carlo, Hambourg et Roland-Garros, il s'est ensuite illustré sur le gazon du Queen's avant de faire chuter Roger Federer himself dans son jardin, en finale à Wimbledon. Avec un bilan de onze défaites pour 82 victoires, "Rafa" a néanmoins terminé l'année de triste manière. Contraint à l'abandon en quarts de finale du Masters Series de Bercy (genou), il a ensuite dû déclarer forfait pour le Masters de Shanghai... puis la finale de la Coupe Davis contre l'Argentine. Après une saison de haute volée (victoire à l'US Open, finales à Roland-Garros et Wimbledon, et demi-finale en Australie) mais moins bonne que les précédentes, Roger Federer a lui fini la saison éreinté, et a pour ambitieux projet de retrouver son fauteuil de n°1 mondial dès 2009. Il devra aussi regarder dans son rétroviseur.
DERRIERE, ÇA SE BOUSCULE
Si 2008 a été l'année de la confirmation pour Novak Djokovic, elle a été celle de la révélation pour le Britannique Andy Murray. Déjà numéro 3 mondial au moment de conclure l'exercice 2007, le Serbe de 21 ans conclut 2008 au même rang, avec un bagage néanmoins plus lourd. Vainqueur de son premier titre du Grand Chelem en Australie, "Nole" a terminé l'année comme il l'avait commencée : en remportant un titre majeur, dans le tournoi des Maîtres, à Shanghai. Sûr de lui, il affirme «posséder les armes pour devenir n°1 mondial en 2009 ou pour les années à venir». Lui qui n'est qu'à dix points de Federer au classement pourrait se rapprocher de ses objectifs à condition de réaliser un excellent début de saison, notamment à Melbourne, sous peine de perdre gros. Eliminé au premier tour en Australie l'an passé, Andy Murray n'aura lui rien à perdre. Onzième fin 2007, l'Ecossais pointe au quatrième rang mondial (à plus de 1500 points de "Djoko") après un début et une fin de saison en trombe (victoires à Doha et Marseille en janvier, finaliste à l'US Open, et vainqueur des Masters Series de Cincinnati et Madrid). Fin tacticien, doté d'un bagage technique complet, le Britannique de 21 ans est la valeur montante du circuit. Bien sûr, la confirmation est attendue.
ET LES FRANÇAIS DANS TOUT ÇA ?
Le paysage tennistique tricolore a radicalement changé cette année. Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon ont éclipsé Richard Gasquet, tombé du 8e au 24e rang mondial après une année vierge de tout titre, comme en 2004. Les bonnes performances Paul-Henri Mathieu, 12e mondial en avril -soit son meilleur classement-, de Gaël Monfils, demi-finaliste à Roland-Garros, ou encore de Michaël Llodra, vainqueur à Adelaïde et Rotterdam, sont quasiment passées inaperçues tant les deux joueurs issus du giron fédéral ont monopolisé l'attention. "Jo" a d'abord atteint la finale de l'Open d'Australie, avant de gagner à Bangkok et Bercy malgré trois mois passés hors des courts (genou). Une première participation au Masters suivie d'une 6e place mondiale sont venues récompenser le Manceau. Simon a lui remporté trois titres (Casablanca, Indianapolis et Bucarest), disputé une finale de Masters Series (Madrid), une demie au Masters, et se retrouve 7e joueur du monde. Avec 14 joueurs dans le Top 100, le tennis français se porte bien. Le début de saison est attendu avec impatience et le premier tour de Coupe Davis contre la République Tchèque en mars, aussi.
source l'equipe.fr


